Origine maritime
Dans la généalogie charlevoisienne, l’arbre est remplacé par un fleuve, et l’abréviation « Cap. » précède souvent le nom du grand-père… Le Musée maritime de Charlevoix invite à la découverte de cet héritage oublié!
Origine maritime
Le Musée maritime de Charlevoix
Dans la généalogie charlevoisienne, l’arbre est remplacé par un fleuve, et l’abréviation « Cap. » précède souvent le nom du grand-père… Le Musée maritime de Charlevoix invite à la découverte de cet héritage oublié!
Oui, un ADN de marins coule dans nos veines: un héritage aujourd’hui quasi invisible alors que les dernières goélettes ont définitivement déserté le Saint-Laurent autour de 1978, emportant dans leur sillage une part majeure de l’identité de nos villages côtiers: deux cents ans de cabotage!
Découvrez ce pan vibrant de notre histoire au Musée maritime de Charlevoix, à Saint-Joseph-de-la-Rive, sur le site de ce qui était, de 1946 à 1973, « les Chantiers maritimes de Charlevoix Limitée », ayant alors pour fonction l’hivernage sécuritaire, le halage et le radoub (réparations) des goélettes de nos villages…
D’abord à voiles puis à moteur, ces bateaux qu’on reconnaissait à leurs deux mâts et à leur coque effilée munie d'une quille, naviguaient courageusement sur les eaux du Saint-Laurent. Celles qu’on appelait alors les voitures d’eau allaient de port en port, de l’embouchure du fleuve jusqu’aux Grands Lacs, assurant le transport de toutes sortes de marchandises: souvent du bois, parfois des matériaux, de la machinerie, des boulettes de fer et même de la dynamite!
Puis vinrent les trains de marchandises et les camions lourds, laissant les vieux quais disparaître lentement, au fil de l’érosion, du paysage charlevoisien. Ceux qui subsistent évoquent les souvenirs chez ceux qui ont connu la belle époque des goélettes: les enfants à bord qui jouaient sur le pont, la fricassée de pommes de terre de la femme du capitaine, telle tempête, tel incendie! Les histoires des quelque 600 navires qui ont été construits sur le territoire de Charlevoix, et dont il ne reste bien souvent rien, sinon quelques épaves…
Sauf ici, puisqu’au Musée maritime de Charlevoix, on peut visiter des goélettes authentiques et restaurées, monter à bord et même en tenir la roue: la plus que centenaire Marie Clarisse bâtie en 1923, la Jean Yvan, une des dernières du Québec, construite dans la région en 1958, et la St-André, baptisée d’après le Saint Montréalais, ayant semble-t-il exaucé la prière du capitaine Fernand Gagnon de La Malbaie, souhaitant obtenir les arbres nécessaires à sa construction. Et pas qu’un peu, puisque c’est parfois jusqu’à 700 arbres que demande un tel chantier, ainsi qu’un ouvrage qu’on estime à 25 000 heures! Au nombre des métiers oubliés, les équarisseurs, membreurs, bordeurs, calfats et ponteux travaillaient autrefois ici sur le chantier.
Sentez de vous-même l’odeur caractéristique imprégnée dans le bois de la timonerie, l’effet déstabilisant de marcher dans la cale arquée, mesurez la petitesse des lits en cabine et plongez votre regard dans la ligne d’horizon, le chenal au large de ce fleuve qui était jadis la voie rapide pour des générations de caboteurs… Pour s’immerger dans cette histoire typiquement charlevoisienne qu’est celle des goélettes, Le Musée maritime de Charlevoix est une visite incontournable!